• Laissons nous glisser dans le monde de  Gérard de Nerval, ce monde dans lequel se fondent rêves souvenirs et réminiscences de vies antérieures, grâce à l’ « air » magique du poème,  puis grâce à cette vision qui peu à peu se précise …

     

    Il est un air pour qui je donnerais
    Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
    Un air très vieux, languissant et funèbre,
    Qui pour moi seul a des charmes secrets.

    Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
    De deux cents ans mon âme rajeunit :
    C’est sous Louis treize ; et je crois voir s’étendre
    Un coteau vert, que le couchant jaunit,
    chateau.jpg
    Puis un château de brique à coins de pierre,
    Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
    Ceint de grands parcs, avec une rivière
    Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

    Puis une dame, à sa haute fenêtre,
    Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
    Que, dans une autre existence peut-être,
    J’ai déjà vue... — et dont je me souviens !

    1. On prononce Wèbre

     

    GERARD DE NERVAL - 1831





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