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    La terre est bleue comme une orange fait partie du recueil "L'amour la poésie" publié en 1929 et inspiré par l’amour qui unit Paul ELUARD  à Gala sa muse. Cette dernière pourtant le quittera bientôt pour devenir celle de Dali...

     

                                            La terre est bleue comme une orange...  

     

     La terre est bleue comme une orange
    Jamais une erreur les mots ne mentent pas
    Ils ne vous donnent plus à chanter
    Au tour des baisers de s’entendre
    Les fous et les amours
    Elle sa bouche d’alliance
    Tous les secrets tous les sourires
    Et quels vêtements d’indulgence
    À la croire toute nue.

    Les guêpes fleurissent vert
    L’aube se passe autour du cou
    Un collier de fenêtres
    Des ailes couvrent les feuilles
    Tu as toutes les joies solaires
    Tout le soleil sur la terre
    Sur les chemins de ta beauté.


                                                                                                                   Paul ELUARD, L'Amour la poésie (1929)

     

     


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    L'invitation au voyage fait partie du recueil de poèmes Les Fleurs du mal, œuvre majeure de Charles Baudelaire (1821-1867). Dans ce poème écrit en 1855, Baudelaire décrit à sa bien-aimée un pays idéal (inspiré de la Hollande) où ils pourraient s'installer ensemble.


    L'invitation au voyage

    Mon enfant, ma soeur,
    Songe à la douceur
    D'aller là-bas vivre ensemble !
    Aimer à loisir,
    Aimer et mourir
    Au pays qui te ressemble !
    Les soleils mouillés
    De ces ciels brouillés
    Pour mon esprit ont les charmes
    Si mystérieux
    De tes traîtres yeux,
    Brillant à travers leurs larmes.

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.

    Des meubles luisants,
    Polis par les ans,
    Décoreraient notre chambre ;
    Les plus rares fleurs
    Mêlant leurs odeurs
    Aux vagues senteurs de l'ambre,
    Les riches plafonds,
    Les miroirs profonds,
    La splendeur orientale,
    Tout y parlerait
    À l'âme en secret
    Sa douce langue natale.

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.

    Vois sur ces canaux
    Dormir ces vaisseaux
    Dont l'humeur est vagabonde ;
    C'est pour assouvir
    Ton moindre désir
    Qu'ils viennent du bout du monde.
    - Les soleils couchants
    Revêtent les champs,
    Les canaux, la ville entière,
    D'hyacinthe et d'or ;
    Le monde s'endort
    Dans une chaude lumière.

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.


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    Theodore de Banville (1823-1891) a écrit ce poème nostalgique en septembre 1841.

     

    Bien souvent je revois sous mes paupières closes

    Bien souvent je revois sous mes paupières closes,
    La nuit, mon vieux Moulins bâti de briques roses,
    Les cours tout embaumés par la fleur du tilleul,
    Ce vieux pont de granit bâti par mon aïeul,
    Nos fontaines, les champs, les bois, les chères tombes,
    Le ciel de mon enfance où volent des colombes,
    Les larges tapis d'herbe où l'on m'a promené
    Tout petit, la maison riante où je suis né
    Et les chemins touffus, creusés comme des gorges,
    Qui mènent si gaiement vers ma belle Font-Georges,
    A qui mes souvenirs les plus doux sont liés.
    Et son sorbier, son haut salon de peupliers,
    Sa source au flot si froid par la mousse embellie
    Où je m'en allais boire avec ma soeur Zélie,
    Je les revois ; je vois les bons vieux vignerons
    Et les abeilles d'or qui volaient sur nos fronts,
    Le verger plein d'oiseaux, de chansons, de murmures,
    Les pêchers de la vigne avec leurs pêches mûres,
    Et j'entends près de nous monter sur le coteau
    Les joyeux aboiements de mon chien Calisto !



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    Voici "Il était une feuille", poème de Robert Desnos, rêveur, visionnaire, le "diable" ainsi décrit par ARAGON (et chanté par FERRAT): "Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne...Comme un soir en dormant tu nous en fis récit...Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie..."


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      Il était une feuille


    Il était une feuille avec ses lignes.
    Ligne de vie
    Ligne de chance
    Ligne de cœur.

    Il était une branche au bout de la feuille.
    Ligne fourchue, signe de vie
    Signe de chance
    Signe de cœur.

    Il était un arbre au bout de la branche.
    Un arbre digne de vie
    Digne de chance
    Digne de cœur.

    Cœur gravé, percé, transpercé
    Un arbre que nul jamais ne vit.

    Il était des racines au bout de l'arbre.
    Racine, signe de vie
    Vignes de chance
    Vigne de cœur.

    Au bout de ces racines, il était la Terre.
    La Terre tout court.
    La Terre toute ronde.
    La Terre toute seule au travers du ciel.
    La Terre.

    Robert Desnos 1942


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    Je suis venu, calme orphelin

    Paul VERLAINE   (1844-1896)   Recueil : Sagesse


    Ce poème a été interprété par G. Moustaki

     

        Gaspard Hauser chante :

    Je suis venu, calme orphelin,
    Riche de mes seuls yeux tranquilles,
    Vers les hommes des grandes villes :
    Ils ne m'ont pas trouvé malin.

    A vingt ans un trouble nouveau
    Sous le nom d'amoureuses flammes
    M'a fait trouver belles les femmes :
    Elles ne m'ont pas trouvé beau.

    Bien que sans patrie et sans roi
    Et très brave ne l'étant guère,
    J'ai voulu mourir à la guerre :
    La mort n'a pas voulu de moi.

    Suis-je né trop tôt ou trop tard ?
    Qu'est-ce que je fais en ce monde ?
    O vous tous, ma peine est profonde :
    Priez pour le pauvre Gaspard !



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