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    Prière à Vladimir MAÏAKOVSKI

     

    Donne-moi l’énergie, l’envie de créer,

    Je gribouille en couleurs, tu ciselais des pensées,

     

    Donne-moi des muses, les tiennes allaient par deux,

    La France et la Russie,  Elsa et surtout Lili,

     

    Donne-moi ta révolte,

    Fiévreux mélange  de colère  et de sincérité,

     

    Donne-moi courage et volonté,

    L’éclat frémissant de ton regard exalté,

     

    Donne-moi des images et des vers, des formes et des idées,

    Que je malaxerai sur une toile bienveillante,

     

    La flamme de ma bougie pourrait, je le sens, tout embraser,

    S’il te plait, viens m’aider.

     

     

          Ce texte participe au jeu d'écriture de mars 2013 organisé par la Petite Fabrique d’Ecriture



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  • Frère Jacques,
    Frère Jacques.....

     

    primevères

     

    Émile VERHAEREN (1855-1916)  
    (Recueil : Les blés mouvants)

     

    A Pâques

    Frère Jacques, frère Jacques,
    Réveille-toi de ton sommeil d'hiver
    Les fins taillis sont déjà verts
    Et nous voici au temps de Pâques,
    Frère Jacques.

    Au coin du bois morne et blêmi
    Où ton grand corps s'est endormi
    Depuis l'automne,
    L'aveugle et vacillant brouillard,
    Sur les grand-routes du hasard,
    S'est promené, longtemps, par les champs monotones ;
    Et les chênes aux rameaux noirs
    Tordus de vent farouche
    Ont laissé choir,
    De soir en soir,
    Leur feuillage d'or mort sur les bords de ta couche.

    Frère Jacques,
    Il a neigé durant des mois
    Et sur tes mains, et sur tes doigts
    Pleins de gerçures ;
    Il a neigé, il a givré,
    Sur ton chef pâle et tonsuré
    Et dans les plis décolorés
    De ta robe de bure.

    La torpide saison est comme entrée en toi
    Avec son deuil et son effroi,
    Et sa bise sournoise et son gel volontaire ;
    Et telle est la lourdeur de ton vieux front lassé
    Et l'immobilité de tes deux bras croisés,
    Qu'on les dirait d'un mort qui repose sous terre.

    Frère Jacques,
    Hier au matin, malgré le froid,
    Deux jonquilles, trois anémones
    Ont soulevé leurs pétales roses ou jaunes
    Vers toi,
    Et la mésange à tête blanche,
    Fragile et preste, a sautillé
    Sur la branche de cornouiller
    Qui vers ton large lit de feuillages mouillés
    Se penche.

    Et tu dors, et tu dors toujours,
    Au coin du bois profond et sourd,
    Bien que s'en viennent les abeilles
    Bourdonner jusqu'au soir à tes closes oreilles
    Et que l'on voie en tourbillons
    Rôder sur ta barbe rigide
    Un couple clair et rapide
    De papillons.

    Pourtant, voici qu'à travers ton somme
    Tu as surpris, dès l'aube, s'en aller
    Le cortège bariolé
    Des cent cloches qui vont à Rome ;
    Et, leurs clochers restant
    Muets et hésitants
    Durant ces trois longs jours et d'angoisse et d'absence,
    Tu t'éveilles en écoutant
    Régner de l'un à l'autre bout des champs
    Le silence.

    Et secouant alors
    De ton pesant manteau que les ronces festonnent
    Les glaçons de l'hiver et les brumes d'automne,
    Frère Jacques, tu sonnes
    D'un bras si rude et fort
    Que tout se hâte aux prés et s'enfièvre aux collines
    A l'appel clair de tes matines.

    Et du bout d'un verger le coucou te répond ;
    Et l'insecte reluit de broussaille en broussaille ;
    Et les sèves sous terre immensément tressaillent ;
    Et les frondaisons d'or se propagent et font
    Que leur ombre s'incline aux vieux murs des chaumières ;
    Et le travail surgit innombrable et puissant ;
    Et le vent semble fait de mouvante lumière
    Pour frôler le bouton d'une rose trémière
    Et le front hérissé d'un pâle épi naissant.

    Frère Jacques, frère Jacques
    Combien la vie entière à confiance en toi ;
    Et comme l'oiseau chante au faîte de mon toit ;
    Frère Jacques, frère Jacques,
    Rude et vaillant carillonneur de Pâques.

     

     


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    C’est aujourd’hui et c’est hier,

    Hiver, printemps, bleu pâle et vert,

    Le vent angoisse ou rafraîchit,

    Selon l’humeur, selon l’envie…

     

    Je me promène entre les tombes,

    Vivants et morts forment une ronde,

    Et musardent dans mon esprit;

    Sans me parler ils me sourient…

     

    Demain SERA certainement,

    Autre aujourd’hui, futur d’avant,

    La flèche du temps n’existe pas,

    Tout est lié, ici, là-bas…

     

     

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    Il pleure dans mon coeur
    Comme il pleut sur la ville ;
    Quelle est cette langueur
    Qui pénètre mon coeur ?

    Ô bruit doux de la pluie
    Par terre et sur les toits !
    Pour un coeur qui s'ennuie,
    Ô le chant de la pluie !

    Il pleure sans raison
    Dans ce coeur qui s'écoeure.
    Quoi ! nulle trahison ?...
    Ce deuil est sans raison.

    C'est bien la pire peine
    De ne savoir pourquoi
    Sans amour et sans haine
    Mon coeur a tant de peine !

     

                                                                         

     Paul Verlaine

                                         Ce texte est extrait du recueil Romances sans paroles (1874)

     

     

     

     


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    Je connais chaque pierre de ce chemin,

    Chemin d’enfance, pavés anciens,

    Je connais chaque pierre de ce chemin,

    Une vie faite de menus riens,

     

    Je connais chaque pas sur ce chemin,

    Chemin glissant, rêves lointains,

    Je connais chaque pas sur ce chemin,

    L’attente est forte, vive demain,

     

    Je connais chaque rêve de ce chemin,

    Rêve de bonheur, de grand destin,

    Je connais chaque rêve de ce chemin,

    La vie est longue, l’espoir sans fin,

     

    J’ai goûté l’avenir sur ce chemin,

    Amours heureuses, ou bien chagrins,

    J’ai goûté l’avenir sur ce chemin,

    J’ai vécu... mais renaîtrais bien !

     

     

      Voici un lien vers d'autres lieux envoûtants: Endroits envoûtants (2): Parcours magique

     


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