• "Il n'aurait fallu" de Louis Aragon

    Jardin-juin.jpg

    Ce très beau poème a été mis en musique par Leo Ferré


    IL N'AURAIT FALLU
    Louis Aragon - 1956


    Il n'aurait fallu
    Qu'un moment de plus
    Pour que la mort vienne
    Mais une main nue
    Alors est venue
    Qui a pris la mienne

    Qui donc a rendu
    Leurs couleurs perdues
    Aux jours aux semaines
    Sa réalité
    A l'immensité
    Des choses humaines

    Moi qui frémissais
    Toujours je ne sais
    De quelle colère
    Deux bras ont suffi
    Pour faire à ma vie
    Un grand collier d'air

    Rien qu'un mouvement
    Ce geste en dormant
    Léger qui me frôle
    Un souffle posé
    Moins une rosée
    Contre mon épaule

    Un front qui s'appuie
    A moi dans la nuit
    Deux grands yeux ouverts
    Et tout m'a semblé
    Comme un champ de blé
    Dans cet univers

    Un tendre jardin
    Dans l'herbe où soudain
    La verveine pousse
    Et mon coeur défunt
    Renaît au parfum
    Qui fait l'ombre douce

    Il n'aurait fallu
    Qu'un moment de plus
    Pour que la mort vienne
    Mais une main nue
    Alors est venue
    Qui a pris la mienne

    « Ciel de septembre de Jean Richepin« L’apocalypse selon Embrun » de Stéphanie Hochet »

  • Commentaires

    1
    Vendredi 30 Juillet 2010 à 20:52

    Merci pour les paroles de cette belle chanson. Que de tendresse derrière ces jolis mots ! Bonne soirée

    2
    Vendredi 30 Juillet 2010 à 22:57
    Senta

    Lorsque ce poème est chanté par LEO FERRE, il prend une dimension supplémentaire grâce à la force de conviction de l'interprète...Merci de ta visite. Bisous

    3
    Samedi 18 Décembre 2010 à 22:51
    cronin

    Bonsoir SEnta

    Merci de nous faire partager ce superbe poème de Louis Aragon... "il m'aurait fallu..."

    La vie s'arrange toujours pour qu'un jour, simplement un jour, une main tienne une autre main, sans que l'on s'y attende... s'est ça le pouvoir de l'amour... Magnifiques sont ces paroles... qui défient le temps... et restent présentes... Très beau poème que j'ai aimé relire. Toute mon amitié, et mes roses Senta. Excellent week-end.

    Corinne (Cronin)

    GINGER SYLLABUB (HARjolly)

    4
    Dimanche 19 Décembre 2010 à 11:07
    Senta

    Bonjour Corinne,

    Oui ce point d'équilibre entre dés-espérance et es-pérance est si fragile...Aragon décrit magnifiquement cette renaissance possible grâce à l'amour salvateur (en l’occurrence celui d’une muse…) J’adore me réciter ce poème et également écouter L.Ferré l’interpréter. Je suis heureuse d’échanger avec toi sur un texte aussi beau et te souhaite une très belle journée. Je t’envoie toutes mes amitiés.  Senta

     

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :